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Carnets sur sol
Le #28 est un opéra commandé par Heidegger – vraisemblablement plus pour son exhibitionnisme glottique pour sa rigueur philosophique.
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Carnets sur sol 24 Oct 18
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Le sujet des frasques amoureuses de Xerxès, déjà traité par Cavalli et Bononcini (importateur de l'opéra italien à Londres) est l'occasion de beaucoup d'ariosos (air simple ou à reprise, au lieu de da capo) et de situations comiques, mélange des genres inhabituel alors,
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Carnets sur sol 24 Oct 18
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sauf à Naples. Entre 1711 et 1738, comme le style haendelien a peu évolué, le langage musical de Serse est rigoureusement identique à Rinaldo ! (Alors qu'il écrivait la même année Israel in Egypt et Saül !)
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Carnets sur sol 24 Oct 18
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(Dommage d'avoir coupé les chœurs sur l'Hellespont, seul épisode qui relie les personnages à leurs modèles historiques : bien d'autres moments étaient coupables – sans se sentir coupable.)
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Carnets sur sol 24 Oct 18
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(Après la destruction de son pont sur les Dardanelles, Xerxès fait fouetter la mer, et dispose un pont de bateaux, d'où ce chœur des marins – tandis que, nous dit le livret, il court le guilledou, laissant le général, père de celle qu'il désire épouser, s'occuper des batailles.)
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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J'avoue sans doute une forme de distance par rapport au genre quand je dirai que ce que j'ai toujours le plus aimé dans Serse, c'est l'un des très rares récitatifs accompagnés que je guettais toujours avec gourmandise dans le seria quand j'ai débuté :
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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« Me infelice, ho smarrito il mio padrone », le récitatif comique d'Elviro. Ce n'est qu'après que j'ai découvert qu'il existait des opéras de LULLY où il n'y avait *que* du récitatif accompagné en guise d'airs. <3 <3 <3 <3 <3
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Cet opéra qui inclut le ridicule et limite les grands airs a da capo (beaucoup de brefs ariosos) conserve tout de même la structure du seria : livret d'amours embrouillées (et travesties), alternance systématique de récitatifs secs et airs où se loge la musique.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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On n'y trouve pas autant de tubes que dans Rinaldo, et la veine mélodique paraît quelquefois timide, mais l'orchestre est toujours intéressant !
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Carnets sur sol 25 Oct 18
Replying to @ilpdo
¶ À ce titre, toujours aussi séduit par : très peu d'effets singuliers, ils sont toujours d'une musicalité exemplaire, en tout toute simplicité (et virtuosité). Et il faut voir les grands sourires des dernières chaises des violons, même lorsqu'elle ne jouent pas !
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ Pour les voix, je n'ai pas beaucoup aimé ce que j'ai entendu (étrangement, alors que ce répertoire repose quasiment exclusivement dessus, j'ai passé une excellente soirée nonobstant !) :
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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dans ce répertoire où le volume n'est pas un enjeu, j'ai plutôt envie de profiter de voix fines, claires, tranchantes, aux mots généreux, sans couverture exagérée et superflue.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Mais la tendance actuelle est inverse : voix très rondes et couvertes, voire un peu bouchées (je n'aime pas le timbre blanchâtre de Fagioli, mais même Genaux et Galou que j'apprécie beaucoup par ailleurs, ça ne sort pas beaucoup du corps !),
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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voyelles uniformes, peu de consonnes, pas mon univers. Mais c'est une question d'attentes esthétiques : je voudrais plutôt Elena Pintus / Isabelle Poulenard / Agathe Boudet, etc., et le moins de falsettistes possible (ou alors du franc alla Visse !).
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Déçu aussi par Aspromonte : je n'ai pas retrouvé sa force déclamatoire habituelle, et la voix est vraiment blanche, comme si elle poussait le timbre exagérément par rapport au soutien diaphragmatique procuré. Pourtant, elle ne chante pas gros ni fort.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Je retenterai en vrai dans son meilleur répertoire (Monteverdi-Rossi-Cavalli…), parce qu'entre la déclamation et l'actrice, il y a de quoi se laisser emporter !
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Ces préférences exposées, tout ce beau monde chantait néanmoins très bien et était tout à fait engagé, n'est-ce pas : j'essaie d'expliquer pourquoi leurs timbres / leur technique ne me touchent pas (et pourquoi je crois qu'on peut faire plus adéquat en rapport son / projection).
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ Par exemple, je n'aime à peu près rien dans la voix de Fagioli, mais dans ses airs vifs (Se volete d'amor, Crude furie), la maîtrise de l'ambitus, de l'agilité, la fougue sont réellement irrésistibles et j'ai moi aussi été conquis, sourire aux lèvres.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Par ailleurs, il jouait vraiment à fond son rôle de roi fat, à la fois puissant et dérisoire, aussi bien par le visage que la gestuelle, l'ensemble était très complet et ne se limitait pas aux airs de bravoure donnés mille fois en récital. Pas ce que je voulais, mais j'aime.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ Les deux barytons étaient miraculeux : Andreas Wolf, un son parfait, riche, enveloppant, qui fait de ses airs brefs et de peu de matière des moments saisissants, avec en outre un impact physique et une incarnation fortes ;
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Et je découvrais Biagio Pizzuti, technique italienne au carré : voix franche, mordante, avec une grande assise, qui remplit le théâtre comme une coquille de noix, et un italien d'une netteté, d'une verve à convulser de bonheur.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Il chante actuellement surtout des rôles de baryton raisonnables (Mozart, Rossini, Schaunard de la Bohème), mais pousse jusqu'à Ashton dans Lucia… Qu'il se préserve, mais une voix comme ça dans Verdi aujourd'hui, le public va écumer de bonheur, bave aux lèvres.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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(oui, je suis content)
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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(ah oui, je n'ai pas mentionné les [r] très serrés de Francesca Aspromonte : je ne les avais pas remarqués à ce point en retransmission, mais rien que ça, c'est si beau… et alors les [ri], rhalala !)
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Le moment est venu de la traditionnelle sélection de moments. ¶ « Signor, lasciate fare a me », promesse comique (et non tenue) d'Elviro sur des unissons, est un quasi-décalque de la très dramatique invocation de Cerbère dans Rinaldo « Il tricerbero umiliato » !
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ « Saprà delle mie offese » d'Amestris utilise les trémolos de violons d'une façon qui m'a paru inhabituelle (cela existe pourtant), peut-être un choix d'Emelyanychev ou Sviridov, qui m'évoquait les effets dramatiques gluckistes.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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Les airs de Serse sont plusieurs à proposer une sorte de lecture à deux niveaux assez inhabituelle dans ce répertoire.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ « Più che penso », quoique air lent un peu contemplatif, est accompagné par des fusées et pointés altiers, un peu dans le goût d'ouverture à la française, comme un décalage entre la mollesse des mœurs de Xerxès et son rang qui s'approche des dieux.
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Carnets sur sol 25 Oct 18
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¶ Et bien sûr « Se bramate d'amar », dont tout l'air développe le mépris de Serse pour les amoureux qui se laissent dédaigner… et qui se termine sur cet adagio où il s'admet lui-même… . Négation de tout l'air de cinq minutes qui précède !
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Carnets sur sol 25 Oct 18
Replying to @carnetsol
En fin de compte, étrange impression d'écouter de la musique agréable, sans l'aspect passionné que j'y sens habituellement… et excellente soirée pourtant ! Allez (me) comprendre.
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