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Carnets sur sol
La Princesse Maleine de Maeterlinck, c'est l'ineffable de Pelléas placé sur le thème de Macbeth ou de Hamlet, avec plusieurs intrigues successives en vignettes, des touches étranges d'humour, une fin shakespearienne d'un expressionnisme inattendu. #22
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Carnets sur sol Oct 16
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J'en suis sorti bouleversé : je n'avais jamais tremblé comme cela au théâtre (ni au cinéma, d'ailleurs), l'échine secouée de spasmes. Tintagiles fut un vertige, Maleine un frisson. (Le reste du public rigolait pas mal, je ne sais pas comment ils font.)
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Carnets sur sol Oct 17
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On y trouve déjà les motifs caractéristiques de tout son théâtre ultérieur : obscurité, aveugles, hommes du peuple énigmatiques, la fontaine d'aveu, la forêt sombre, le vieux château, l'amour benêt, le vieillard coupable,
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Carnets sur sol Oct 17
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l'enfermement et le retour de la lumière (comme dans Ariane, Alladine ou la grotte)… Mais avec deux différences majeures par rapport à la suite :
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Carnets sur sol Oct 17
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1) l'humour, réellement présent, surtout chez la nourrice, qui conserve une sorte de bon sens bon vivant, dans cet univers éthéré.
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Carnets sur sol Oct 17
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2) l'intrigue beaucoup plus politique. Maleine est châtiée pour s'être opposée aux volontés de son père ; la guerre n'est pas qu'un horizon des confins syrtiques comme dans Pelléas, mais la première famille est passée au fil de l'épée, les villes découvertes rasées.
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Carnets sur sol Oct 17
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Maleine se trouve ensuite au cœur d'intrigues de palais, d'affaires de succession.
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Carnets sur sol Oct 17
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J'ajoute 3) : beaucoup d'action accumulée, un thriller dont les articulations ne sont pas soulignées, largement elliptique, mais que d'aventures !
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Carnets sur sol Oct 17
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Braver le pouvoir d'un père (et d'un père roi !), s'échapper d'une tour close, échapper aux ravages à travers les bois, trouver le royaume espéré, reconquérir son promis, échapper à l'assassinat, et même tout ce qui s'ensuit !
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Carnets sur sol Oct 17
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Le sujet, c'est plutôt un Bond dans le décor de Braveheart qu'une romance au clair de lune dans un château isolé !
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Carnets sur sol Oct 17
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Dans tout cela, plusieurs scènes très fortes :
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Carnets sur sol Oct 18
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a) La lumière qui surgit dans la tour où les deux femmes gisent enfermées et aveugle la nourrice… pour déboucher sur un climat de désolation où plus rien n'est identifiable. Leur monde a disparu dans l'intervalle.
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Carnets sur sol Oct 18
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b) La rencontre avec les trois pauvres dans la forêt, la plus terrifiante de celles écrites par Maeterlinck, car la menace paraît palpable, c'est à la fois énigmatique et respire plus concrètement la potentialité du viol en réunion. Moment d'effroi.
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Carnets sur sol Oct 18
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c) L'effroi dans la chambre et l'attentat. Totalement glaçant malgré la mélasse maladresse des criminels et le ridicule du vieillard couronné :
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Carnets sur sol Oct 18
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les peurs les plus profondes sourdent avec violence dans l'isolement de la chambre de malade, le long des tentures mouvantes où se glisseront, certes plus tard, les assassins.
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Carnets sur sol Oct 18
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La difficulté grotesque de l'assassinat n'enlève rien à la terreur que le crime suscite, à la laborieuse abomination d'ôter une vie à mains nues. Plus étonnant, le point de vue épouse soudain, et jusqu'à la fin, celui du roi criminel !
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Carnets sur sol Oct 19
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d) La description château brûlant et croulant (ou envahi de feux follets ?) est aussi un moment de saisissement intense.
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Carnets sur sol Oct 19
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Pire que le dialogue liminaire changé en monologue ou que la suppression des béguines, c'est assez raté dans la mise en scène de Pascal Kirsch : le dialogue des paysans/pauvres/domestiques sont tenus par un prestidigitateur détaché et hors sol. Étonnamment, reste très émouvant.
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