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Carnets sur sol
#19 Résurrection d'Issé de Destouches (1697), illustration de cette étrange période post-LULLYste où les tragédies raffinées et toujours plus sombres chutent, tandis que l'opéra-ballet et la pastorale héroïque les plus insipides plaisent :
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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remettent au théâtre ce qui demeure un des plus grands succès du genre (liste ici : ) approuvée par Louis XIV à une époque où il avait déjà commencé à s'en détourner.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Destouches est à mes yeux le compositeur le plus exaltant de tragédie en musique, en particulier dans son association avec le fulgurant Pierre-Charles Roy : Callirhoé (), Sémiramis () que je vais enfin entendre ce soir sur France µ !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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De fait, l'éloquence des récitatifs (très mélodiques, peu stéréotypés), le soin des lignes intermédiaires et du contrepoint, la capacité au saisissement dramatique, sa science et sa sensibilité sont clairement assez supérieurs, comment peuvent l'être les couleurs de Desmarest !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Ainsi l'effarement des Hespérides à l'entrée d'Hercule pendant le Prologue, avec toute cette agitation face à un hors scène menaçant, dans le plus grand galbe dramatique (étonnamment le plus beau moment de tout l'Opéra que ce début de Prologue !),
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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les duos d'amour sérieux (l'union finale d'Issé & Apollon) ou comiques (multiples scènes-miroirs de Doris & Pan), l'air concertant de Dryade avec hautbois, tous les moments où il y a du contrepoint sont tout à fait extraordinaires.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Et bien sûr cette chaconne finale à laquelle Rameau doit tout : les variations créent réellement de nouvelles mélodies, et on y entend les appels furieux, les fusées, les alliages de la chaconne… des Indes Galantes !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Mais l'abominable Antoine Houdar de La Motte a encore frappé : il avait déjà fait de la rouée Omphale () un prétexte à danses superficielles, mais il signe cette fois un livret dans le top 10 des pires jamais écrits (hors seria et belcanto, hein) !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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(oh, un sujet de notule !)
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Acte I : Apollon aime Issé, mais elle n'ose pas. Acte II : Issé lui parle, mais n'ose pas aimer Apollon. Acte III : Issé hésite à aimer Apollon. Acte IV : Issé aime Apollon mais s'endort. Acte V : Issé s'explique avec Apollon. Ils s'aiment.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Les dialogues ne sont pas moins Young & Restless ou Plus belle la vie, le vide est intersidéral, les vers complètement stéréotypés, la situation de l'hésitation plaintive sans cause rejouée à chaque acte. Si La Motte vient jamais saluer, je lui prépare ma botte de carottes.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Seul le duo d'amour « sans façon » en miroir, avec Doris et Pan, procure un peu de relief, mais contraste peu, et n'apporte ni le piquant des pointes de Charite & Arbas (Cadmus), ni l'attendrissment d'Aréthuse & Alphée (Proserpine). Rien à sauver, donc.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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(Je n'arrive pas à dé-taguer Les Surprises du fil, le bouton semble avoir disparu sur l'application, la version mobile et la version navigateur ! Pardon, je vais un peu me plaindre et je ne voulais pas vous faire de peine, n'y voyez pas malice.)
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Ce livret n'a pas pour seul impact de rendre inintéressant le texte d'un théâtre dont le charme repose sur la relation entre musique et déclamation :
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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il prive aussi Destouches (comme le génial Desmarest dans son désolant Vénus & Adonis) de la possibilité d'exprimer son talent et ses contrastes, si bien qu'hors de ce que j'ai cité, peu de saillances musicales. Le goût a tellement changé !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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C'est pourquoi il faudrait remonter les tragédies à catastrophe qui n'ont pas eu de succès à l'époque de leur création, elles répondraient vraiment à l'attente d'un public moderne. Mais il faut du courage, de la patience (et donc des sous).
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Sur cette matière, il aurait fallu un ensemble dont la science, les couleurs, la fougue dévastent tout, et des chanteurs qui déclament comme personne. Or, je vais pousser une complainte qui n'est pas neuve.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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D'abord, et ce n'est pas une précaution oratoire, je voudrais sincèrement remercier les musiciens et chanteurs qui s'engagent dans ce répertoire qui ne leur apportera pas la gloire (ni même les sous),
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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et qui prennent l'énergie de proposer ces titres rares qui seront forcément moins courus du public (puisque moins connus) et moins repris dans la presse. Plus facile de faire parler de soi avec un Dido & Æneas de Purcell !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Ils ont toute ma gratitude pour ce travail indispensable (et ingrat). Aussi, quelles que soient les réserves que je vais formuler, ce ne sont en rien des reproches, plutôt des souhaits, ou les recommandations d'un auditeur au bout de la chaîne.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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En effet, à ces difficultés structurelles s'ajoutait une exécution que j'ai trouvée assez lisse : la danse n'y était pas exaltée (quelle douce chaconne…) et surtout, la déclamation n'avait pas la prime part.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Depuis que Christie ne le fait plus à grande échelle, la rhétorique est largement réduite à la portion congrue dans la formation des chanteurs (hors CMBV, et pas tant que je voudrais), le succès du répertoire a aussi introduit des non spécialistes.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Pourtant (hors Thomas Dolié, qui a gagné en volume, mais qui reste tellement épais et émission si basse, pour ce répertoire), ce ne sont que des chanteurs que j'aime beaucoup : Wanroij, Vidal, dans l'absolu je suis fan. Mais il manque cette étincelle verbale.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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J'ai l'impression que Judith van Wanroij, dont le timbre est toujours aussi merveilleux et le français toujours impeccable, a moins le souci premier de l'expression qu'à l'époque où elle chantait Thisbé (Francœur & Rebel) ou Andromaque (Grétry) ;
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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pour Mathias Vidal, les rôles du XVIIe sont tout simplement un peu graves pour lui, et comme il ne mixe pas, l'entrée dans les aigus est un peu brutale. Hors de pair de Rameau à Catel, mais dans LULLY et Destouches, sans doute moins à son aise, car c'est un grand diseur sinon.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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J'ai dit récemment ma frustration devant l'évolution de Chantal Santon, aussi je dis avec plaisir tout le soin qu'elle met pour maîtriser son émission et la calibrer ici, sans les duretés qui avaient paru dernièrement. C'est un gros travail de régler ce genre de chose, bravo.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Côté orchestre, peu de cordes (1-3-3-2-2) mais avec dessus / haute-contre / taille / quinte, et les tenues basses d'instrument, selon ce que l'on en sait, véritable effort de méthode.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Beaucoup de bois en revanche (1-2-2), ce qui permettait de belles doublures typiques du son français.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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PUTTI d'incarnat 3) Mathieu Lécroart, après ses Bach et son charismatique don Diègue chez Sacchini, propose une intelligibilité parfaite, une voix présente, et campe en un geste tout son personnage, j'ai rarement vu ça à ce degré.
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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Après son Raymond (Charles VI d'Halévy, en 2006), je me figurais qu'il chanterait Germont au Met, mais non, sa belle carrière se déroule à proximité dans des productions de taille moyenne. Tant pis pour lui, tant mieux pour moi qui puis l'entendre à loisir !
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Carnets sur sol 14 Oct 18
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PUTTI d'incarnat 2) Clément Geoffroy au continuo, d'une volubilité, d'une variété, habillant de façon très riche les parties intermédiaires, voire ajoutant des mélodies dans les interpèdes de récitatifs. Déjà adoré il y a deux semaines :
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