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Carnets sur sol
#13 /Révélation/ de Léonora Miano traduit en japonais par Akihito Hirano, mis en scène par Satoshi Miyagi, tout auréolé de son Mahābhārata, et avec orchestre de 11 musiciens. Quel objet étrange :
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Carnets sur sol Oct 5
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La pièce est issue d'une trilogie autour de la traite négrière, ici jouée en japonais (dans une univers visuel qui l'est pour partie), et accompagné par un orchestre créant une atmosphère archaïque mais sur instruments modernes.
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Carnets sur sol Oct 5
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L'intrigue mythologique met en scène des âmes en grève (refusant de s'incarner chez les nouveaux-nés en raison du désordre qui règne chez les Humains), ou qui périssent lors du chemin du retour à travers une contrée hors des Enfers traditionnels, l'Ubuntu.
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Carnets sur sol Oct 5
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En effet l'onomastique est assez riche et fait échapper l'œuvre à une seule origine localisée : « Ubuntu » désigne quelque chose comme « la communauté des humains » dans les langues de l'Est de l'Afrique du Sud, mais est dans la pièce
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Carnets sur sol Oct 5
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associé à la fois à un lieu (une sorte d'Érèbe pour les âmes trop fatiguées pour retrouver leur lieu d'origine), à une communauté (ces âmes damnées) et à un personnage unique qui les symbolise durant le procès.
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Carnets sur sol Oct 5
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Kalunga (je n'ai pas trouvé si c'était aussi un mot d'origine Nguni), la divinité-messager, façon Hermès ou Puck, qui opère le lien entre les mondes (tout en faisant, chez Miyagi, mimiques et lazzi) désigne à l'origine le monde des ancêtres, le lieu sacré d'où l'on procède,
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Carnets sur sol Oct 5
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mais Miano le mêle (je suppose) avec ses autres sens, Calunga (petite chose, terme dépréciatif pour les esclaves), et Kalunga, le nom de la communauté brésilienne d'esclaves échappés : ainsi, plutôt qu'un principe, Kalunga est dans la pièce /entre deux mondes/.
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Carnets sur sol Oct 5
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Mayibuye, les âmes, portent le nom de la révolte de l'ANC de 1952.
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Carnets sur sol Oct 5
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Inyi, la déesse primordiale au centre de l'histoire, ordonnatrice des mondes, est le nom d'une ville du Nigéria, qui tire son nom de l'arbre dont descendrait la lignée fondatrice.
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Carnets sur sol Oct 5
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Lors du procès, Makaba est un souverain du Kongo d'alors (Monikongo) ; Bigue porte le titre Damel (potentat du Sénégal).
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Carnets sur sol Oct 5
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Bref, les références virevoltent, entre histoire, cultes, clins d'œil, pour créer une mythologie indépendante, ancrée dans l'héritage (et peu originale) mais nouvelle.
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Carnets sur sol Oct 5
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¶ Évidemment, sa traduction en japonais lui procure une grande classe, avec la dimension très corporelle de sa déclamation, les intonations obligées et emphatiques (Haruyo Suzuki, en Inyi, envoie du bois !), au sein de ce lent théâtre incantatoire (et chanté).
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Carnets sur sol Oct 5
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La disparition progressive des âmes oblige Inyi, garante de l'ordre des Mondes, à négocier avec Ubuntu, et de lui fournir (si j'ai bien suivi) des âmes de damnés en échange.
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Carnets sur sol Oct 5
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Ceux-ci sont réticents, on organise donc un procès où ceux qui se révèlent des négriers racontent les circonstances extraordinaires (chantage sur leur peuple, leur vie, leur famille) où ils ont cédé.
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Carnets sur sol Oct 5
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Sorte de gigantesque Commission Vérité & Réconciliation métaphysique pour remettre de l'ordre dans le monde.
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Carnets sur sol Oct 5
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La justice d'Inyi reste assez rigoureuse, mais les peines sont ajustées selon les mobiles (ce sont finalement les petites gens qui ont trahi leurs semblables qui sont les plus châtiés, et bien sûr les prêtres renégats).
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Carnets sur sol Oct 5
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Cinq prévenus (en détention préventive depuis un demi-millénaire, et on dit que la Justice ne fait pas de progrès !) durant le procès, accompagnés chacun par des formules musicales répétitives qui lui sont propres (car la musique résonne presque en permanence).
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Carnets sur sol Oct 5
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¶ Outre la très belle dimension visuelle (les ondulations de draps-vagues, les deux lunes blanche et noire, les volutes traditionnelles peintes sur le costume d'Inyi (dans la veine d'Ubu, je ne retrouve plus de quelle culture il s'agit),
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Carnets sur sol Oct 5
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les immenses masques négroïdes qui tombent en ruines (et derrière lesquels se cachent mal les âmes des criminels), car tout est vraiment évocateur… il faut mentionner que la musique est omniprésente (et étrange).
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Carnets sur sol Oct 5
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Écrite dans une veine minimaliste (vraiment des boucles dans les mêmes modes pendant 2h30), jouée par les comédiens (jusqu'à 11 simultanément, Suzuki-Inyi dirigeant à l'occasion, avec des gestes verticaux non-européens)
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